"L’enterrement de Polynice par Antigone." Nikiforos Lytras

Rien n’est plus redoutable que l’homme

Adapté de la trilogie “Des femmes” de Sophocle par Wajdi Mouawad.
Interprété par Bertrand Cantat dans l’album “Choeurs”. A écouter sur Youtube.

Il est ici-bas des choses bien redoutables, Mais nulle qui soit plus redoutable que l’homme. Il est l’être qui s’élance sur la mer grise  Poussé par le vent du Midi porteur d’orages Et qui fend les flots mugissants autour de lui. Il est cet être qui harcèle sans cesse la déesse suprême La Terre, la terre impérissable, la terre infatigable, Qu’années après années il va tournant et retournant Le peuple étourdi des oiseaux, Les hordes de bêtes féroces Qui hantent la forêt profonde, Les habitants des eaux marines, L’homme industrieux les capture Par ses engins ils soumet à sa loi Les animaux errants des champs et des montagnes. Parole, pensée rapide comme le vent, Aspiration à créer des cités, Il s’est appris lui-même tout cela, Ainsi qu’à se soustraire au gel et aux averses, Si dur aux êtres qui n’ont que le ciel pour toit, Plein de ressources, il ne se trouve démuni Contre rien de ce qui peut arriver. A la mort seule, il n’a pas le pouvoir d’échapper, Quand bien même il a inventé des remèdes A des maladies réputées incurables. Détenteur d’un savoir dont les productions ingénieuses Dépassent toute espérance, il s’engage Tantôt sur le chemin du bien, Tantôt sur le chemin du mal: S’il sait appareiller les lois du pays Et la justice des dieux qu’il a juré de respecter Qu’il s’élève au plus haut rang de notre cité, Mais qu’il en soit banni Si l’audace le pousse à défier l’ordre établi, Qu’il n’ait plus place aucune en mon foyer, Non plus que de mes pensées.

"L’enterrement de Polynice par Antigone." Nikiforos Lytras


Rien n’est plus redoutable que l’homme


Adapté de la trilogie “Des femmes” de Sophocle par Wajdi Mouawad.

Interprété par Bertrand Cantat dans l’album “Choeurs”. A écouter sur Youtube.


Il est ici-bas des choses bien redoutables,
Mais nulle qui soit plus redoutable que l’homme.
Il est l’être qui s’élance sur la mer grise
Poussé par le vent du Midi porteur d’orages
Et qui fend les flots mugissants autour de lui.
Il est cet être qui harcèle sans cesse la déesse suprême
La Terre, la terre impérissable, la terre infatigable,
Qu’années après années il va tournant et retournant

Le peuple étourdi des oiseaux,
Les hordes de bêtes féroces
Qui hantent la forêt profonde,
Les habitants des eaux marines,
L’homme industrieux les capture
Par ses engins ils soumet à sa loi
Les animaux errants des champs et des montagnes.

Parole, pensée rapide comme le vent,
Aspiration à créer des cités,
Il s’est appris lui-même tout cela,
Ainsi qu’à se soustraire au gel et aux averses,
Si dur aux êtres qui n’ont que le ciel pour toit,
Plein de ressources, il ne se trouve démuni
Contre rien de ce qui peut arriver.
A la mort seule, il n’a pas le pouvoir d’échapper,
Quand bien même il a inventé des remèdes
A des maladies réputées incurables.

Détenteur d’un savoir dont les productions ingénieuses
Dépassent toute espérance, il s’engage
Tantôt sur le chemin du bien,
Tantôt sur le chemin du mal:
S’il sait appareiller les lois du pays
Et la justice des dieux qu’il a juré de respecter
Qu’il s’élève au plus haut rang de notre cité,
Mais qu’il en soit banni
Si l’audace le pousse à défier l’ordre établi,
Qu’il n’ait plus place aucune en mon foyer,
Non plus que de mes pensées.